Terre

Installation terreuse et mouillée
dès la naissance

Peinture sur la peau, peinture sensorielle
Je touche, je te touche,
Le beau sur la peau, le sol, l’écorce, les feuilles…
Ça glisse, c’est doux, ça sèche,
ça tire, ça s’effrite, ça gratouille,
ça s’efface, ça poudroie, ça s’en va.

Mise en scène – Vincent Vergone
Musicienne – Marion Loraillère
Danseuse – Emilie Pachot

DÉMARCHE ARTISTIQUE

Réfléchir à la question de la Terre, c’est d’abord retrouver un contact avec elle. C’est une danse, qui remonte de l’enfance, en cet endroit où le geste nait d’un lien étroit avec le sol: souvenir de nos mains qui touchent, cherchent à comprendre, des bras qui portent, du corps qui se redresse, s’appuie sur la terre ferme, trouve un regard, un élan. La plante du pied nous relie à la Terre, nous offre un appui pour tenir debout. La danse réalise de la nature de nos corps. Nous voulons retrouver l’humilité des gestes simples, des gestes premiers qui nous relient à la première enfance, à cet endroit ou le geste est naturel, spontané.

La Terre est aussi un matériau : l’argile, cette glaise primitive d’où est née peut être la vie. Elle permet de travailler le toucher, la sensualité de la peau. La peau est une frontière et un organe sensible, on a besoin de toucher et d’être touché pour être vivant, pour être humain.

Lutter contre la culture hors-sol c’est aussi lutter contre la culture hors- peau, la culture de l’insensibilité. Nous croyons que la vie nait d’une relation sensible, que l’on est mort lorsque l’on est privé de tout contact. Nous voulons travailler sur la faculté d’être vivants et vivantes, être présent et présentes. Vivre et éprouver c’est la même chose, nous défendons la vie, plus que jamais. Nous croyons qu’il faut atterrir, au plus vite, retrouver le contact avec la réalité, avec la Terre.

Si l’on creuse plus encore, ce chemin de terre nous mène au plus profond de nous mêmes, à l’animal, en cet endroit où nous partageons tous une même condition d’êtres vivants. Car nous sommes tous des animaux, en ce que nous sommes animés par ce mouvement de la vie que les anciens appelaient « une âme ». Cette âme pleure et appelle en nous, les animaux meurent, nous voudrions vivre, vivre ensemble car nous savons que nous sommes indissociablement liés. Nous voudrions réconcilier notre âme animale avec la terre et avec le monde vivant.


DOSSIER ARTISTIQUE – en lien de téléchargement ICI